Toute la beauté du monde n’a pas disparu – Danielle Younge-Ullman

Toute la beauté du monde n’a pas disparu de Danielle Younge-Ullman, Gallimard, « Scripto », 2018, 978-2-07-507410-0, 16,50 €

Ingrid, fille d’une cantatrice déchue, est envoyée par cette dernière en colonie pour ados en perdition. Fille choyée et protégée, elle se retrouve projetée dans une ambiance « survie à tous prix », dans une région perdue et sauvage des Etats-Unis. Ne comprenant pas ce qu’elle fait là, Ingrid rédige des lettres qu’elle n’enverra jamais, à l’adresse de sa mère et de son petit ami Isaac, tout en affrontant courageusement les multiples difficultés et dangers (à vous dégoûter du trecking, au passage !). Peu à peu ses souvenirs sont déroulés et nous découvrons les raisons de son mal-être. Avec dynamisme, l’auteur nous offre un beau roman sur la résilience, avec une histoire prenante sur une destructrice relation fusionnelle mère-fille, dont son héroïne sortira plus forte. A partir de  13 ans.

Avis :

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Oiseau Oiselle – Gwendoline Raisson

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Oiseau Oiselle de Gwendoline Raisson, Ecole des Loisirs, « Mouche », 2018,  978-2-211-23434-4, 6,50 €

L’Oiseau vit heureux dans sa cage, jusqu’à l’arrivée d’Oiselle. Elle est belle et libre. L’Oiselle lui ouvre le chemin de la liberté, mais la cage est si confortable et le voyage si angoissant… L’amour l’affranchira-t-il ? Véritable réussite par son style et sa fluidité, ce joli roman est presqu’un conte philosophique, renvoyant au mythe de la caverne. Il amène le jeune (et moins jeune) lecteur à s’interroger sur la force de l’amour et sur le poids des chaînes face aux incertitudes qu’offre la liberté. Une belle histoire et des questions sur le sens à donner à sa vie = un coup de coeur ! A partir de 7 ans.

Avis : .

 

Ces jours qui disparaissent – Timothé Le Boucher

Ces jours qui disparaissent, Timothé Le Boucher, Glénat, « 1000 feuilles », 2017, 978-2-344-01332-8, 22.50 €

Lubin Maréchal, jeune artiste évaporé, perd peu à peu du terrain face à sa deuxième personnalité, efficace et arriviste. Les heures puis les jours de sommeil s’enchaînent et sont autant d’occasions pour ce moi indésirable de transformer irrémédiablement sa vie. Quand reprendra-t-il le dessus ?

Cette BD qui aborde une thématique rarissime est poignante et angoissante à souhait. Véritable thriller, elle vous happe et vous ne la lâchez plus. Juste génial !

En passant

Loup gris et la mouche de Gilles Bizouerne

Loup gris et la mouche, Gilles Bizouerne et Ronan Badel chez Didier Jeunesse. 2017. 978-2-278-08539-2. 12,50 €

Un album très réussi. Loup gris fait sa sieste tranquillement après son repas mais une mouche le dérange. Ni une, ni deux, gloups la mouche. Non mais ! Mais, mais, le voilà qui se met à zozoter. Sa meute se moque de lui. Il doit vite trouver une solution. Une idée de génie lui vient. De génie… vraiment ? Pauvre Loup gris qui va de déconvenue en déconvenue.

Gilles Bizouerne nous emporte avec beaucoup d’humour dans cette nouvelle mésaventure de Loup gris, aussi amusante à lire qu’à conter. J’ai testé l’album pour clore une séance de classe de moyenne section : les enfants ont beaucoup ri et l’éclair de compréhension dans leurs yeux au moment de la chute était très réjouissant !

Avis : A partir de 4 ans. ♥

 

En passant

Oh, hé, ma tête ! Shinsuke Yoshitake

Oh, hé ma tête ! de Shinsuke Yoshitake. Kaléïdoscope. 2017. 978-2-87767-926-8. 11 €

Cet album destiné aux plus jeunes est un véritable coup de coeur. Au moment du bain, un petit garçon qui « veut faire tout seul » se retrouve le tête coincée dans son t-shirt. Il imagine alors le pire : et s’il passait sa vie ainsi ? L’humour de situation associé à de jolies illustrations simples mais parlantes rend son histoire très cocasse et drôle. Rire garanti !

En passant

Ma grand-mère est une terreur, Guillaume Guéraud

Ma grand-mère est une terreur, Guillaume Guéraud, Le Rouergue, 2017.

Une fois n’est pas coutume, je présente un roman adressé aux 9 ans et plus, dont l’achat m’a vraiment mise en colère. Recommandé dans Télérama Enfants, intéressant pour la JPL, avec la 4ème de couverture suivante :

On l’appelle Mémé Kalashnikov ! Car la grand-mère de Louis est une terreur, il déteste passer des vacances dans sa maison au fond des bois, sans télé ni rien. Mais cette fois-ci, il ne va vraiment pas s’ennuyer. Car sa grand-mère, moitié sorcière moitié activiste politique, s’oppose à la construction d’une route près de chez elle. Avec son chaudron magique, sa faucille et son marteau, elle ne craint personne ! Du rire, de l’aventure et un soupçon de fantastique pour les jeunes lecteurs.

J’en commence donc la lecture avec impatience (voilà peut-être un futur coup de coeur). Et là, quelle déception ! Le vocabulaire est pour le moins d’un niveau familier, voire vulgaire et même argotique ! Dès le premier chapitre et tout au long du livre, c’est un florilège de « foutre », « coller une contravention », « coller une bègne », « glaviot », d’inversions incorrectes : « Il faisait si froid […] elle me raconte quand je lui pose des questions »,  de négations incomplètes…

Certes, l’histoire de cette Mémé Kalashnikov semblait délicieusement insolente mais je ne comprends pas le recours à ce style inutile, qui gâche l’ensemble. Séverine Vidal, par exemple, a également recours à un style familier et même à des gros mots, mais pour mieux transcrire la pensée de ses personnages adolescents en reprenant leur façon de s’exprimer (et non pour la partie narrative). Cela ne nuit en rien à ses romans. Mais ici, à destination d’enfants de CM1, la vulgarité est vraiment inappropriée. La langue française est suffisamment riche pour employer des mots non grossiers dans un style dynamique et moderne, de nombreux auteurs y parviennent et offrent heureusement une écriture de qualité aux plus jeunes !

Avis : Hélas !

En passant

De l’autre côté, Stefan Casta

De l’autre côté, Stefan Casta, Thierry Magnier, 2017, 979-10-352-0012-1, 17 €

« Une maison isolée pleine de charme, ce sera le refuge idéal pour Elina et son père meurtris par la mort accidentelle de Vanessa. Mais la maison est aussi mystérieuse, on la dit maudite. Au fil des saisons, Elina apprivoisera le lieu, et nous racontera une année capitale de son existence. Mais qui est ce garçon brun qui semble si bien connaître la maison et s’y installe avec eux ? Et ce renard qui rôde autour de la maison a-t-il joué un rôle dans l’accident où Vanessa a trouvé la mort…
Avec son écriture faussement simple, Stefan Casta parle de l’absurdité de la vie avec gravité, poésie et douceur. » [Decitre]


Le maître mot de ce roman est atmosphère. Oscillant entre réalisme crû et descriptions envoûtantes de la nature empreintes de poésie, flirtant avec le surnaturel, De l’autre côté happe le lecteur. Les personnages sont pleins de failles et de contradictions, attachants et déconcertants. Récit de vie d’une jeune fille contemporaine, récit pour apprivoiser le deuil et se reconstruire, mystérieux, parfois à la limite du fantastique voire du thriller, ce roman est inclassable et se révèle étonnamment … apaisant.

A partir de 13 ans. Avis : ♥♥

Mosquitoland, David Arnold

Mosquitoland, David Arnold, Milan, 2017, 978-2-7459-7784-7, 15.90 €

Mim est une jeune adolescente qui « ne va pas bien », sans que le lecteur ne sache trop pourquoi : dépression, schizophrénie… le doute persiste tout au long de ce road movie raconté par Mim et par le biais des courriers qu’elle adresse à Isabel. Détraquée par le divorce de ses parents, par le remariage de son père avec une jeune bimbo et la fuite mystérieuse de sa mère, face à une belle-mère détestée, sous médoc, Mim prend donc la tangente pour retrouver sa mère. Ce voyage désespéré, déconcertant et initiatique, la mènera finalement à elle-même.

Le style initial décousu rend difficile l’entrée dans cette histoire et dans la tête d’une jeune apparemment perturbée : où veut donc en venir Mim ? Mais la question-même dévoile combien on se laisse prendre insidieusement par l’héroïne et ses incertitudes devant sa maladie. Le récit de ce mal-être adolescent et de cette recherche de soi au sein et au-delà d’une famille dysfonctionnelle emporte délicatement, émeut et interroge sur l’acceptation de soi, des autres et de la différence. Le tour de force de l’auteur est d’avoir lié l’évolution de son personnage avec les styles employés, de plus en plus cohérents et posés. Ce livre à la thématique originale ne laisse donc pas indifférent. A découvrir !

A partir de 15 ans. Avis : ♥

Un aigle dans la neige, Michael Morpurgo

Un aigle dans la neige, Michael Morpurgo, Gallimard Jeunesse, 2016, 978-2-07-058908-1, 13,50 €

Alors qu’ils fuyaient Londres en train, pour échapper aux bombardements, Barney et sa mère se trouvent immobilisés dans un tunnel et plongés dans le noir. Pour les rassurer, un inconnu commence alors à témoigner de l’incroyable destin de son ami Billy, simple soldat le plus médaillé d’Angleterre.

Dans un style fluide et prenant, Michael Morpurgo poursuit son exploration des anecdotes de guerre et revient sur l’histoire véridique du soldat qui aurait pu empêcher la Seconde Guerre Mondiale. Il nous offre un joli et étonnant récit. A partir de 10 ans.

En passant

Perdus de vue, Yaël Hassan&Rachel Hausfater

Perdus de vue, Yaël Hassan & Rachel Hausfater, Flammarion Jeunesse, 2016, 978-2-08-135658-0 , 5,70 €

Un jeune des cités, Sofiane, se retrouve malgré lui « garçon de compagnie » d’une vieille dame aveugle. En dépit des différences sociales, ils vont sympathiser et se soutenir pour affronter leurs erreurs et apprendre à pardonner. Cette sympathique histoire n’est pas sans rappeler le film Intouchables. Malgré les stéréotypes, le ton est fluide, le langage fleuri et on se surprend à rire aux mésaventures des personnages, somme toute bien attachants. Une petite lecture détente donc… en passant. A partir de 11 ans.

En passant

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