Oiseau Oiselle – Gwendoline Raisson

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Oiseau Oiselle de Gwendoline Raisson, Ecole des Loisirs, « Mouche », 2018,  978-2-211-23434-4, 6,50 €

L’Oiseau vit heureux dans sa cage, jusqu’à l’arrivée d’Oiselle. Elle est belle et libre. L’Oiselle lui ouvre le chemin de la liberté, mais la cage est si confortable et le voyage si angoissant… L’amour l’affranchira-t-il ? Véritable réussite par son style et sa fluidité, ce joli roman est presqu’un conte philosophique, renvoyant au mythe de la caverne. Il amène le jeune (et moins jeune) lecteur à s’interroger sur la force de l’amour et sur le poids des chaînes face aux incertitudes qu’offre la liberté. Une belle histoire et des questions sur le sens à donner à sa vie = un coup de coeur ! A partir de 7 ans.

Avis : .

 

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Loup gris et la mouche de Gilles Bizouerne

Loup gris et la mouche, Gilles Bizouerne et Ronan Badel chez Didier Jeunesse. 2017. 978-2-278-08539-2. 12,50 €

Un album très réussi. Loup gris fait sa sieste tranquillement après son repas mais une mouche le dérange. Ni une, ni deux, gloups la mouche. Non mais ! Mais, mais, le voilà qui se met à zozoter. Sa meute se moque de lui. Il doit vite trouver une solution. Une idée de génie lui vient. De génie… vraiment ? Pauvre Loup gris qui va de déconvenue en déconvenue.

Gilles Bizouerne nous emporte avec beaucoup d’humour dans cette nouvelle mésaventure de Loup gris, aussi amusante à lire qu’à conter. J’ai testé l’album pour clore une séance de classe de moyenne section : les enfants ont beaucoup ri et l’éclair de compréhension dans leurs yeux au moment de la chute était très réjouissant !

Avis : A partir de 4 ans. ♥

 

En passant

Oh, hé, ma tête ! Shinsuke Yoshitake

Oh, hé ma tête ! de Shinsuke Yoshitake. Kaléïdoscope. 2017. 978-2-87767-926-8. 11 €

Cet album destiné aux plus jeunes est un véritable coup de coeur. Au moment du bain, un petit garçon qui « veut faire tout seul » se retrouve le tête coincée dans son t-shirt. Il imagine alors le pire : et s’il passait sa vie ainsi ? L’humour de situation associé à de jolies illustrations simples mais parlantes rend son histoire très cocasse et drôle. Rire garanti !

En passant

Ma grand-mère est une terreur, Guillaume Guéraud

Ma grand-mère est une terreur, Guillaume Guéraud, Le Rouergue, 2017.

Une fois n’est pas coutume, je présente un roman adressé aux 9 ans et plus, dont l’achat m’a vraiment mise en colère. Recommandé dans Télérama Enfants, intéressant pour la JPL, avec la 4ème de couverture suivante :

On l’appelle Mémé Kalashnikov ! Car la grand-mère de Louis est une terreur, il déteste passer des vacances dans sa maison au fond des bois, sans télé ni rien. Mais cette fois-ci, il ne va vraiment pas s’ennuyer. Car sa grand-mère, moitié sorcière moitié activiste politique, s’oppose à la construction d’une route près de chez elle. Avec son chaudron magique, sa faucille et son marteau, elle ne craint personne ! Du rire, de l’aventure et un soupçon de fantastique pour les jeunes lecteurs.

J’en commence donc la lecture avec impatience (voilà peut-être un futur coup de coeur). Et là, quelle déception ! Le vocabulaire est pour le moins d’un niveau familier, voire vulgaire et même argotique ! Dès le premier chapitre et tout au long du livre, c’est un florilège de « foutre », « coller une contravention », « coller une bègne », « glaviot », d’inversions incorrectes : « Il faisait si froid […] elle me raconte quand je lui pose des questions »,  de négations incomplètes…

Certes, l’histoire de cette Mémé Kalashnikov semblait délicieusement insolente mais je ne comprends pas le recours à ce style inutile, qui gâche l’ensemble. Séverine Vidal, par exemple, a également recours à un style familier et même à des gros mots, mais pour mieux transcrire la pensée de ses personnages adolescents en reprenant leur façon de s’exprimer (et non pour la partie narrative). Cela ne nuit en rien à ses romans. Mais ici, à destination d’enfants de CM1, la vulgarité est vraiment inappropriée. La langue française est suffisamment riche pour employer des mots non grossiers dans un style dynamique et moderne, de nombreux auteurs y parviennent et offrent heureusement une écriture de qualité aux plus jeunes !

Avis : Hélas !

En passant

L’île aux dragons – Eric Sanvoisin

201702dragonsCoffret L’île aux dragons, Eric Sanvoisin. Auzou. « Pas à pas ». 2016. [978-2-7338-4459-5. 14,95 €] – A partir de 7 ans

Ervaël, l’enfant-dragon, est devenu roi des dragons et s’est réfugié avec ses compagnons sur Braise, une île secrète. Mais les humains, menés par Le Borgne Rouge, le retrouvent. La flotte des pirates se rapproche dangereusement. Ervaël pourra-t-il négocier avec ses ennemis ? Est-ce un piège ?

Avec une belle écriture et un style haletant, Eric Sanvoisin poursuit les aventures trépidantes de l’enfant-dragon et offre aux jeunes lecteurs un joli petit roman de fantasy. Les personnages sont attachants et dégagent une certaine profondeur. Amitié, amour, confiance et trahison sont au rendez-vous. Et les questions soulevées sont nombreuses : le prix de la paix ou de la guerre, précipitation ou réflexion… Une heureuse surprise donc, qui est empruntée sans discontinuer par nos lecteurs. Un vrai coup de coeur.

Brune – Timothée de Fombelle. Spécial Dyslexie

Brune de Timothée de Fombelle. Belin. Collection « Colibri ». 2016. [978-2-410-00137-2. 7,90 €] – A partir de 8 ans.

Gabriel cumule les bêtises, mais pour une fois, ce n’est vraiment pas de sa faute ! Qui a donc pu briser la verrière du gymnase ? Et bien sûr, personne ne croit en son innocence ! Il décide donc de mener l’enquête… et découvre une drôle de petite créature : Brune. Que faire ? La dénoncer pour qu’elle finisse cobaye ou qu’on le prenne pour un fou..?

Les mots claquent et sonnent avec bonheur tout au long de ce roman qui amène à réfléchir aux conséquences de ses bêtises. On compatit avec Gabriel, en « bon petit diable » et on s’émerveille devant Brune, petite Poucette moderne. Timothée de Fombelle nous embarque de nouveau dans son univers entre fantastique et cour d’école. Un régal et vrai coup de coeur.

De plus, cette jolie collection Colibri est dédiée aux DYS (dyslexie principalement) et offre des romans diversifiés, écrits par des auteurs de littérature de jeunesse reconnus, intéressant aussi bien les DYS que les non-DYS. On pourrait craindre une maquette trop technique ou connotée « petit lecteur » mais, au contraire, l’accent est mis sur la simplicité et la typographie pour rendre la lecture fluide et non parasitée. Pour ma part, une vraie réussite. Je complète peu à peu mon fonds de romans 6-8 ans avec les autres titres également sympathiques : Victor l’inventeur d’Agnès de Lestrade, La console ensorcelée d’Oliver Muller. Prochain achat prévu : Terra 4 de Christian Grenier et Greta l’ogresse de Florence Hinckel.

Jusqu’à présent, il était difficile de trouver des romans hors champ scolaire pour répondre aux demandes des lecteurs, ce qui était tout de même un comble. Mais plusieurs éditeurs relèvent enfin le défi.

Rageot a lancé depuis le 19 avril 2017 la collection FlashFiction qui reprend des titres à succès de manière adaptée (L’Ami Zarbi, Il Pleut des parapluies et Une Ecole parfaitement normale, Contact). Je ne les ai pas encore lus mais voici des critiques positives :

Site d’Actu SF Mes Premières Lectures

Lirado

Avec la collection de livres numériques DYScool, Nathan réédite aussi ses derniers succès « Premiers romans » à lire sur tablette (Clodomir Mousqueton, Le buveur d’encre, Petites histoires de la mythologie). Intéressant à condition que la bibliothèque prête des tablettes aux enfants, donc compliqué à utiliser en médiathèque. A voir cependant, en lien avec le prêt de livres numériques.

L’affreux moche Salétouflaire et les Ouloums-Pims – Claude Ponti

Coup de coeurL’affreux moche Salétouflaire et les Ouloums-Pims de Claude Ponti, Ecole des Loisirs, 2015

L’affreux moche Salétouflaire a arraché les rayons du Soleil. Tout le monde est bloqué chez soi. Mais Paloum-Pim et Kobaloum-Pim, enfermés, ont la même idée : fabriquer des Kreuzafons, des Baladons-Baladins et des Zieutilles qui iront voir ce qui se passe dehors.

Dans une ambiance onirique bien plus légère (paradoxalement) que ses précédents albums, Claude Ponti aborde le thème de la pollution, en restant fidèle à ses jeux de mots et ses illustrations tout en rondeurs. Il nous emmeène dans une balade très immersive et drôle où l’amour et l’astuce triompheront. Voilà un album bien amusant à raconter, histoire de se démêler la langue !

Avis : ♥. A partir de 5 ans.

Petite Poche

Quelques éditions et rééditions  à signaler chez Thierry Magnier dans sa collection « Petite Poche », pleines de suspense et qui font réfléchir.

201603tropfortTrop fort, Victor ! Mikaël Ollivier. 2015

Alors qu’une prise d’otages a lieu dans une école à Orléans et que tout le monde suit les infos avec angoisse, Victor, lui, se débrouille comme il peut pour se tenir informé. A la maison, ni portable ni télé, maman est contre ! Tous les moyens sont donc bons pour accéder aux informations : écouter la radio de la voisine le long des tuyaux du radiateur, aller chez les copains plus chanceux. Peu à peu le dénouement arrive.

Ce petit roman à  suspense à la fin inattendue, au ton enlevé et plein d’humour, est une réussite particulièrement adaptée aux classes de CM. A partir de 9 ans. ♥

201603trois caramelsLes Trois caramels capitaux, Jean-Claude Mourlevat. 2015

Petite réflexion hilarante sur l’enfer et le paradis ou comment accéder enfin au paradis malgré les péchés plus ou moins capitaux ou jusqu’où peut mener un vol de caramels. Ce petit roman se lit comme une succession d’histoires à chute et pourrait être adapté au théâtre, en une série de sketches. A partir de 8 ans. ♥

 201603hommeDans la même veine et du même auteur,  L’Homme à l’oreille coupée (réédition de 2003) offre également une suite d’histoires à chute. Dans le bar d’un port, un vieux marin raconte comment il a perdu une oreille, mais son histoire change tous les soirs. Qui saura un jour la vérité ? A partir de 8 ans. ♥

201603geléeLa gelée d’été, Mathis. 2015

Pas de vacances encore cet été pour Pierre et Jean. Mais peu importe, il y a la télé et les jeux vidés. Catastrophe, la télé tombe en panne. Adieu dessins animés, adieu jeux vidéos ! Et pas le plus petit sou à l’horizon pour la remplacer. Alors, comment s’occuper ? Un petit roman sympathique sur le quotidien, l’ouverture aux autres et les relations intergénérationnelles. A partir de 8 ans.

L’école est finie

201603ecolefinieL’école est finie, Yves Grevet, « Mini Syros ». 2012

Imaginons un monde où l’école de serait plus gratuite, ni obligatoire. Les riches continueraient d’en bénéficier en payant ; les pauvres confieraient l’enseignement aux entreprises, magasins et Mac-Do, qui formeraient les enfants dès leur plus jeune âge, en fonction des besoins commerciaux. Savoir ranger dans les rayons, lire les prospectus, faire cuire les steaks… C’est le monde dans lequel vivent Albert et Lilas, en 2028. Comment en est-on arrivé là ? Comment résister ?

Une intéressante dystopie sur l’école comme outil de lutte contre l’exploitation de l’homme. Et si l’école était finie ?

Avis JPL :  » peu crédible dans un avenir aussi proche ». Avis Ricochet : « une efficacité redoutable ».

A partir de 9 ans. ♥

 

 

Je suis un lion

jesuisunlionJe suis un lion, d’Antonin Louchard, chez Seuil Jeunesse. 2015.

Un petit canard aborde un crocodile, en faisant le fanfaron. En effet, il se prend pour un lion …

Ce petit album ressemble à un sketche mis en image et les poses de ce caneton inconscient et insolent sont particulièrement drôles. Rires garantis ! A partir de 3 ans.

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