Les pratiques de médiation en bibliothèque – Présentation du 26/04/2017

Dans le cadre de la Journée d’études organisée par l’ESPE de Versailles aujourd’hui, voici la présentation relative aux pratiques de médiation en bibliothèque. J’ai repris le déroulé de mon mémoire de Master en littérature de jeunesse qui portait sur l’évolution des bibliothèques pour enfants, reflet du développement de la littérature de jeunesse, en le complétant avec des exemples de médiation rencontrés en bibliothèque ou trouvés sur les sites Internet de médiathèques (Chatou, Cormeilles-en-Parisis, Bourg-en-Bresse, Moulins, Colombes, La Petite Bibliothèque Ronde…). J’espère ainsi offrir un large panorama. Mais il est loin d’être exhaustif car les médiathèques sont en perpétuelle évolution pour s’adapter aux besoins des lecteurs et usagers, à de nouvelles missions, à de nouveaux supports…

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Je n’ai pas eu le temps de mener une réelle approche théorique et universitaire sur la question. Je renvoie seulement vers quelques théoriciens ; leurs ouvrages et communications sont référencés dans les articles du blog relatifs aux bibliographies.

Les compléments d’information et chiffres indiqués proviennent des sources suivantes :

N’hésitez pas à laisser un commentaire ou des exemples. Je répondrai avec plaisir, dans la mesure de mes connaissances 🙂

Enfin, rectificatif : la production éditoriale jeunesse est de 11500 nouveautés en 2016 (et non 40000, mea culpa). Et j’ai complètement oublié de parler des rencontres avec les auteurs.

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Histoire de la bibliothèque centrale de Colombes

Le 2 août 1856, la Société de Secours Mutuels Saint Pierre de Colombes fonde une bibliothèque privée dans une maison située Place Julien Gallé (anciennement rue d’Asnières), afin de « mettre de suite à la disposition de ses adhérents les nombreux ouvrages que des généreux donateurs leur avaient fait parvenir à cet effet, et qui avaient été réunis et exposés dans des armoires-vitrines qui meublaient le siège de la Société […] anciennement salle de la Bibliothèque » [1]

En 1873, elle est mise gratuitement à la disposition de tous les habitants de la commune avant d’être cédée à la Ville de Colombes en 1877. En 1897, la bibliothèque est transférée dans un immeuble sis 3, boulevard de Verdun, laissé disponible par les Dames de la Providence (qui s’installent dans l’actuel collège Jeanne d’Arc, alors propriété de Mme Audra).

Il faut attendre 1906 pour qu’apparaisse le terme de « bibliothèque enfantine » dans la délibération du Conseil Municipal n° 4112 du 23 février 1908 relative au Compte rendu moral et financier de la bibliothèque municipale en 1906 : les enfants réalisent alors 1336 prêts sur 16101.

En 1950, la bibliothèque est transférée dans le square situé 33, rue des Cerisiers (superficie 200 m²), dans un petit bâtiment sur cour de l’immeuble d’Habitations à Bon Marché.

« […] dans le cadre souriant, clair et confortable […]. Le nombre des lecteurs s’élève à environ 10.000 pour 90.000 livres sortis en 1954. La bibliothèque est ouverte à tous, tous les jours de 9h30 à 11h30 et de 14 à 19h […] En dehors des prix littéraires, la bibliothèque comprend de nombreux romans recommandés par la critique, des ouvrages pour la jeunesse. Une cinémathèque scolaire, dotée de nombreux films pour enfants […] une salle gaiement décorée de sujets tirés de fables de La Fontaine et des contes Perrault est réservée aux enfants.

Sur 80 communes du département de la Seine, la bibliothèque de Colombes est maintenant classée deuxième pour la sortie des livres. [2] Plus

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Livres à conter, livres à contée

Petit retour d’expérience sur la journée de formation « Apprendre à conter » organisée par la BDY et animée par Philippe Sizaire, merveilleux conteur et captivant formateur. Cela pose d’ailleurs un problème : lorsqu’il conte pour exemple, on est happé par son histoire et la chute est d’autant plus inattendue ! Bref, pour débuter dans la contée, une journée très intéressante : distance physique et mentale à prendre avec le public grâce aux techniques de mise en voix et de mise en scène (se recentrer pour diriger son énergie, travail du souffle et du rythme), détachement à prendre par rapport au texte et techniques d’appropriation du texte via son imaginaire…

Découvrir Philippe Sizaire

Et puis, bien sûr, les histoires à conter. Voici un florilège de textes et d’histoires à chute très utiles.

le cercleLe Cercle des menteurs de Jean-Claude Carrière est indispensable et regroupe un ensemble de contes et d’histoires du monde entier. Il reprend notamment les aventures de Nascontessagesreddine Hodja, personnage emblématique de la culture musulmane, que l’on retrouve sous différents noms de la Mongolie aux Balkans, en passant par les pays méditerranéens, la Turquie, l’Egypte… Ses mésaventures sont souvent bouffonnes et à visée morale.

A noter également la très belle édition du Seuil par Jean Muzi : Contes des sages et facétieux Djeha et Nasreddine Hodja.

philofables2

philofableDans ses Philo-fables,  Michel Piquemal en adapte certaines pour les plus jeunes, comme introduction à des débats philosophiques thématiques.

Présentation du 24 novembre 2015 – A destination des étudiants M1LJ

Vous trouverez ci-dessous les fiches récapitulatives de la présentation du 24 novembre (Introduction et gestion des collections). Pour la partie Histoire des bibliothèques pour enfants et pour les bibliographies complémentaires, je vous renvoie aux articles précédents (catégorie Cogito, mots-clés Master LJ).

Ces fiches sont loin d’être exhaustives, la question de la conservation partagée du patrimoine de la littérature de jeunesse est toujours en suspens dans les médiathèques municipales (même si la BNF/CNLJ/JPL procède à une conservation rigoureuse des ouvrages via le dépôt légal). C’est pourquoi je n’ai pas évoqué cette mission.

Parmi les mots supplémentaires pour les projets d’animation : mission, objectifs, évaluation.

J’espère que ces informations succinctes vous seront utiles et qu’elles vous ont procuré quelques pistes de réflexion pour vos stages.

Enfin, pour ceux qui le demandaient, le CNED propose une formation en bibliothéconomie, très intéressante pour préparer les concours des bibliothèques et se mettre à niveau.

Bon master à tous !

introduction

gestion des collections

biblio&lexique

 

Bibliographie – La littérature de jeunesse en bibliothèque

Ouvrages généraux

  • Patte, G. (2012). Laissez-les lire ! Mission Lecture. Paris : Gallimard Jeunesse : 347p.
  • Escarpit, D. (2008). La littérature de jeunesse, itinéraires d’hier à aujourd’hui. Paris : Magnard : 473 p.
  • Chartier, A.-M., Hébrard, J. (2000). Discours sur la lecture : 1880-2000. Paris : BPI-Centre Pompidou, Fayard : p. 617-740.
  • Parmegiani, C.-A. (dir.) (1985). Livres et bibliothèques pour enfants. Guide de formation. Paris : Éditions du Cercle de la Librairie : 191p. : ouvrage de référence des années 1980.
  • Abbadie-Clerc, C. (collectif) (1973, 1977). Les livres pour enfants. Paris : Les Éditions Ouvrières : 293 et 317p. : ouvrage de référence des années 1970.

 Les « mauvais genres » en bibliothèque

  • Perrin, R. (2007). La littérature de jeunesse et presse des jeunes. Au début du XXIe siècle. Esquisse d’un état des lieux. Enjeux et perspectives. Paris : L’Harmattan : 580p.
  • Crépin, T., Groensteen, T. (1999). « On tue à chaque page ! » la loi de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse. Paris : Éditions du temps : 253p.
  • Held, J. (1977). L’imaginaire au pouvoir les enfants et la littérature fantastique. Paris : Les éditions ouvrières : 282p.

Le roman pour adolescents (cross-age)

Le numérique

  • Pellegrin, C. (2013). « L’offre numérique destinée aux jeunes dans les bibliothèques de lecture publique », dans BBF n° 2 : p. 52-58 [en ligne] http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2013-02-0052-008 [consulté le 21 janvier 2014]
  • Fauchié, M. (2012). « L’offre de lecture numérique, quels enjeux pour les bibliothèques ? », dans La Revue des livres pour enfants n° 265 : p. 130-132
  • Liziard, D. (2012). « Livres numériques jeunesse en bibliothèques et nouvelles pratiques », dans La Revue des livres pour enfants n°265 : p. 134-137

Bibliographie – Les sections jeunesse et leurs usagers

Ouvrages généraux sur l’histoire et l’évolution des bibliothèques enfantines

  • Maisonnier, É. (2012). Lectures d’enfances l’Heure Joyeuse de Versailles. Paris : Magellan et Cie : 131p. : histoire de L’Heure Joyeuse de Versailles.021lecturesenfances
  • Collectif (2006). Parcours Jeunesse. Bibliothèque(s) n°29 : Revue de l’Association des Bibliothécaires français.
  • Ezratty, V. (2005). « Les bibliothécaires pour la jeunesse : de nécessaires médiateurs », dans Littérature de jeunesse, incertaines frontières. Paris : Gallimard Jeunesse : p. 245-259
  • Weis, H. (2005). Les bibliothèques pour enfants entre 1945 et 1975. Paris : Éd. du Cercle de la Librairie : 426p.
  • Weis, H. (2005). « Anne Schlumberger (1905-1993) ou la naissance de La Joie par les livres … mythe ou utopie ? », dans La Revue des livres pour enfants n° 224 : p. 72 : histoire de La Joie par les Livres.
  • Parmegiani, C.-A. (dir.) (1993). Lectures, livres et bibliothèques pour enfants. Paris : Éditions du Cercle de la Librairie : 207p. : ouvrage de référence, témoignant des évolutions des bibliothèques pour enfants et de la littérature de jeunesse.

Évolution du jeune lectorat en bibliothèque

  • Dortier, J.-F. (2014). « Penser comme un enfant » et « Pourquoi les enfants aiment les histoires », dans Sciences humaines n° 259 : p. 5, p. 64-65
  • Touitou, C. (2010). « La place de la bibliothèque municipale dans les représentations et les pratiques de loisir, de culture et d’information des jeunes de 11 à 18 ans », dans La Revue des livres pour enfants n° 251 : p. 129-138
  • Evans, C. (2009). « Les « huitdouzan » : quelle place en bibliothèque ? », dans La Revue des livres pour enfants n° 248 : p. 95-100
  • Octobre, S. (2009). « Pratiques culturelles chez les jeunes et institutions de transmission : un choc des cultures ? », dans Paris : Culture prospective n° 2009-1 : p. 1-8
  • Soulé, V. (2009). « Hors l’école, point de salut ? », dans La Revue des livres pour enfants n° 248 : p. 101-103
  • Cook, SJ, Parker, RS, Petitjohn, CE. (2008). “Les jeunes ados et la bibliothèque publique », dans BBF n° 6 : p. 81-86 [en ligne] http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2008-06-0081-003 [consulté le 14 mars 2014] : enquête américaine.
  • Utard, J.-C. (2008). « Les bibliothèques jeunesse entre petite enfance et culture ado », dans Les bibliothèques pour la jeunesse : évolution ou révolution ?  Caen : 18p. [en ligne] http://www.caenlamer.fr/bibliothequecaen/iso_album/jean-claude-utard.pdf [consulté le 16/01/2013]
  • Stričević, I., Bon, I. (2006). « Commencez par les plus petits ! La Section des bibliothèques pour enfants et adolescents de l’IFLA face au défi de la société d’information », dans Parcours Jeunesse. Bibliothèque(s) n°29 : p. 44-47 : recommandations de l’IFLA
  • Sirota, R. (2005). « Le brouillage des frontières d’âges », dans Littérature de jeunesse, incertaines frontières. Paris : Gallimard Jeunesse : p. 245-259
  • Evans, C. (2002). « On s’débrouille. Enquête sur les usagers des sections jeunesse », dans La Revue des livres pour enfants n° 204 : p. 65-71
  • Becchi, E., Ewers, H.-H. (1998). Histoire de l’enfance en Occident.II : Du XVIIIe siècle à nos jours. Paris : Éditions du Seuil : p. 377-510 : la condition de l’enfant et l’évolution de la littérature enfantine au XXe siècle.

Exemples

  • Masse, C. (2013). « La meZZanine», dans BBF n° 2 : p. 70-73 [en ligne] http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2013-02-0070-011 [consulté le 21 janvier 2014] : à Rennes, création d’une section pour les 11-14 ans.
  • Rozelot, É. (2006). « ‘Où les mettre ?’ Quelle place pour la jeunesse dans les BMVR ? », dans Parcours Jeunesse. Bibliothèque(s) n°29.

Bibliographie – Bibliothèques municipales et mise en espace des collections

011le métierOuvrages généraux

  • Alix, Y. (dir.). Favreau, L. Tuleu, B. (2010). Le Métier de Bibliothécaire. Paris : Éditions du Cercle de la Librairie : 565p. : ouvrage de référence en bibliothéconomie.
  • Bisbrouck, M.-F. (dir.), Renoult, D. (2010). Bibliothèques d’aujourd’hui : à la conquête de nouveaux espaces. Paris : Éditions du Cercle de la Librairie : 394p. : approche architecturale, modèle de la médiathèque, de la bibliothèque hybride et exemples de Learning Center et d’Ideas Stores.
  • Servet, M. (2010). « Les bibliothèques troisième lieu », dans Bulletin des bibliothèques de France n° 4 : p. 57-63 [en ligne] http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2010-04-0057-001 [Consulté le 12 mai 2013]
  • Maresca, B. (2007). Les bibliothèques municipales en France après le tournant Internet. Attractivité, fréquentation et devenir. Paris : BPI-Centre Pompidou : 283p. : approche sociologique, enjeux socio-économiques.
  • Collectif (2006). Regards sur un demi-siècle. Cinquantenaire du Bulletin des bibliothèques de France. Paris : BBF. Hors-série : 294p.histoire des bibliothèques, des différents modèles qui les ont façonnées en réponse aux modèles scolaire et commercial, étroitement liés à l’évolution des missions associées à la lecture publique et aux changements frappant la société française, qui ont induit de nouvelles attentes et de nouvelles fonctions.
  • Melot, M. (1991). « La forme du fonds. ‘Cahier des charges’ pour architectes futurs », dans La bibliothèque. Miroir de l’âme, mémoire du monde. Paris : Autrement, série Mutations n° 21 : 170-177.

Classification et classement

  • Jouin, S. (2008). « ‘Où sont les romans qui racontent des problèmes ?’ », dans BBF n° 6 : p. 76-80 [en ligne] http://bbf.enssib.fr/consulter/bbf-2008-06-0076-002 [consulté le 21 janvier 2014] : les enjeux du classement thématique, exemples de bibliothèques l’appliquant.
  • Véron, E. (1989). Espaces du livre perception et usages de la classification et du classement en bibliothèque. Paris : BPI-Centre Pompidou : 99p. : étude sur les parcours du lecteur en bibliothèque et la faible incidence de la mise en espace des collections et des classifications sur les modalités de lecture propres à chacun.

Exemples de mises en espace avec décloisonnement

La Joie par les livres

Histoire des bibliothèques pour enfants : des modèles précurseurs (2/2)

De manière discrète, le modèle d’aménagement de l’Heure Joyeuse est complété à la fin des années 1960. Pour Anne Gruner-Schlumberger, qui crée en 1963 La Joie par les livres, il convient d’offrir aux enfants, des endroits qui leur seraient exclusivement destinés, « pour lire au calme et en liberté, dans une période de vie où tout est bruit et mouvement ».[1] En 1965, au sein du quartier défavorisé de la Cité de la Plaine à Clamart, s’ouvre donc une bibliothèque pour enfants, pilote, construite toute en rondeur et conçue par l’architecte Gérard Thurnauer. Si les aménagements et activités propres aux Heures Joyeuses sont maintenus (jardin, Heure du conte), sur 500 m² consacrés à l’accueil du public (surface considérable par rapport aux autres sections jeunesses), les petits lecteurs gagnent en liberté de mouvements. Le lieu est apaisant, protecteur et coloré, non visible de l’extérieur, avec une salle pour les tout-petits et des coussins, avec une répartition par âge et par activités, avec la création d’espaces évoquant les constructions enfantines (une tour sans accès), sans cloisons, comportant des recoins pour lire paisiblement et d’autres permettant les échanges et la lecture collective. Enfin, fait rare à l’époque trois bibliothécaires et une personne spécialisée pour l’animation assurent l’accueil. Il ne s’agit donc plus d’accueillir des enfants sages pour une lecture silencieuse, mais bien de prendre en compte la spécificité enfantine et de proposer des postures à la fois individuelles et intimistes de lecture.

source : petitebiblioronde.com

A partir du début des années 1970, avec le rattachement de La Joie par les livres à l’Ecole Nationale des bibliothécaires en 1972, le recensement du Bulletin des bibliothèques de France témoigne que le modèle commence à se répandre : Saint-Etienne, Caen, Massy, Dunkerque, Malakoff, Lyon, Montreuil, Meaux. [2] Dans les bibliothèques municipales, le service des enfants fait désormais partie intégrante de la bibliothèque, au même titre que la discothèque : à la fin des années 1980, les sections jeunesse se sont banalisées grâce aux au rôle moteur mais méconnu des annexes de quartier des grandes villes et des bibliothèques de la banlieue parisienne.

Contrairement à l’univers clos de La Joie par les livres qui n’offre pas d’évolution possible pour les classes d’âge supérieures, les bibliothèques municipales respectent cependant les recommandations de Jean Bleton : « Les enfants qui auront pris le chemin de leur bibliothèque connaîtront ipso facto celui de la bibliothèque ouverte aux plus âgés et, sans heurt, sans coupure pour ainsi dire, le passage se fera de l’un à l’autre. »[3] La section jeunesse constitue donc un espace transitionnel qui permet un mixage entre le public adulte et le public des enfants. La section jeunesse de la Bibliothèque Jacques Prévert à Colombes en constitue un bon exemple : elle partage le sous-sol avec la section des adultes, leurs entrées respectives s’ouvrant sur un même palier.

[1] Weis, H. (2005). « Anne Schlumberger (1905-1993) ou la naissance de La Joie par les livres … mythe ou utopie ? » in La Revue des livres pour enfants n° 224 : p. 72
[2] Weis, H. (2005). Les bibliothèques pour enfants entre 1945 et 1975. Paris : Éd. du Cercle de la Librairie : p.57-60
[3] Weis, ibid. op.cit. p. 40

Liens intéressants

Le dictionnaire de l’ENSSIB

La petite bibliothèque ronde

La Revue des livres pour enfants (RLPE)

Le Centre national de la littérature pour la jeunesse / JPL

NB : Cet article est un extrait du Travail d’Étude et de Recherche du 22/05/2013 : « Histoire des bibliothèques pour enfants et de la notion de lecture-plaisir »

L’Heure Joyeuse

Histoire des bibliothèques pour enfants : des modèles précurseurs (1/2)

Après la Première Guerre Mondiale, un ensemble de bibliothèques pour enfants d’un nouveau genre est mis en place dans les villes de province, en lien avec le réseau des bibliothèques américaines de l’Est, et en région parisienne. Dès 1924, L’Heure Joyeuse, financée par le Book Comittee on Children’s Libraries  ouvre ses portes à Paris, en « hommage au courage des enfants français pendant la guerre ». Elle répond à une volonté utopique de modernisation portée par Eugène Morel, sur le modèle anglo-saxon : « une bibliothèque pour jeunes, publique et gratuite qui doit faire œuvre de paix en promouvant une littérature mondiale pour la jeunesse. » La bibliothèque est l’organe essentiel à la vie de la cité et surtout à l’intégration citoyenne.

« Ex-libris d’origine de l’Heure Joyeuse, créé et collé dans tous les livres dès 1924 » (source BBF ENSSIB)

Suivant le principe « More an home than a school », l’ambiance en est soignée : fleurs, rideaux, mobilier adapté aux enfants et une mixité révolutionnaire. L’implantation dans un quartier populaire assure aussi le mélange d’enfants de conditions sociales différentes. Les premières bibliothécaires Claire Huchet, Marguerite Gruny et Mathilde Leriche, conteuses, initient la profession de bibliothécaire pour la jeunesse en France, la formation afférente et un réseau pluridisciplinaire, grâce à l’accueil d’universitaires, de stagiaires et d’éditeurs comme Paul Faucher du Père Castor. Participant aux mouvements des éducations nouvelles, elles s’inspirent de Roger Cousinet et Célestin Freinet, prônant des pratiques actives pour l’épanouissement de l’enfant autonome. Pour le responsabiliser, l’accueil à partir de 6 ans est formalisé par la signature d’un engagement et elles assurent de nombreuses animations : oralité avec l’Heure du Conte et des activités théâtrales, rédaction du journal de la bibliothèque et expositions par les enfants, hymne, autogestion, lecture hors les murs.

Enfin, une politique rigoureuse d’acquisitions est déployée avec la définition de critères d’analyse comme le niveau de langue, la typographie, le rapport texte/image, l’ouverture au monde et l’adéquation avec les publics pour offrir une collection de livres d’une grande qualité littéraire et artistique. Les enfants ont le droit d’accéder à leur patrimoine littéraire, qui reste à constituer.

1.      La diffusion du modèle technique dans les bibliothèques municipales

Le modèle est ensuite lentement diffusé dans les bibliothèques municipales, sous l’impulsion de militants de la littérature enfantine tels que Charles Schmidt, inspecteur général des bibliothèques et des archives, de 1928 à 1940, convainquant maires et bibliothécaires. « Ce qui est très important à nos yeux, c’est que les enfants ne se retrouvent pas dans l’atmosphère, ni devant le mobilier dont ils ont l’habitude en classe […]. Mobilier et cadre doivent d’emblée faire sentir à ceux qui entrent pour la première fois dans cette bibliothèque, qu’ils viennent d’accéder dans un royaume qui est le leur et que c’est bien une heure joyeuse qui s’offre à eux. »[1] Le modèle de l’Heure Joyeuse de Paris repose sur une nécessité de confort avec du mobilier adapté à la taille des enfants, une idée d’ouverture et de liberté via le jardin qui permet des lectures en plein air et jusque dans les années 1970, la présence d’une cheminée renvoyant au « cocon » du lieu imaginaire des contes. Plus

Illustrateurs

Voici deux ouvrages très intéressants pour découvrir, en images, certains des illustrateurs qui ont marqué la littérature de jeunesse du XVII au XXe siècle.

rivièreDans Le Livre des livres pour enfants [Chêne, 2008], François Rivière, journaliste littéraire, scénariste de BD et romancier, présente plus de 80 romans et albums, en forme de livres ouverts, et les collections majeures de la littérature enfantine, de Berquin à Walt Disney, de l’Ami des enfants aux Albums Roses en passant par les albums du Père Castor. Il offre ainsi un large panorama de l’illustration destinée aux enfants.

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Collectionneur de recueils illustrés des fables de La Fontaine depuis son plus jeune âge, l’historien Claude Quétel nous propose dans Fables, La Fontaine illustré par Grandville, Boutet de Monvel, Lorioux, Doré, Rabier, La Nézière, Fraipont, Bouchot, Oudry, Vimar, Gélibert, Sabran, Klein… [Ouest France, 2012&2013], un merveilleux éventail des illustrateurs de La Fontaine, des premières éditions du XVIIe siècle à nos jours, l’ensemble s’accompagnant de notices biographiques en fin d’ouvrage.

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