Oiseau Oiselle – Gwendoline Raisson

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Oiseau Oiselle de Gwendoline Raisson, Ecole des Loisirs, « Mouche », 2018,  978-2-211-23434-4, 6,50 €

L’Oiseau vit heureux dans sa cage, jusqu’à l’arrivée d’Oiselle. Elle est belle et libre. L’Oiselle lui ouvre le chemin de la liberté, mais la cage est si confortable et le voyage si angoissant… L’amour l’affranchira-t-il ? Véritable réussite par son style et sa fluidité, ce joli roman est presqu’un conte philosophique, renvoyant au mythe de la caverne. Il amène le jeune (et moins jeune) lecteur à s’interroger sur la force de l’amour et sur le poids des chaînes face aux incertitudes qu’offre la liberté. Une belle histoire et des questions sur le sens à donner à sa vie = un coup de coeur ! A partir de 7 ans.

Avis : .

 

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Quelqu’un qu’on aime

quelqunQuelqu’un qu’on aime de Séverine Vidal. « Exprim' ». Sarbacane. 2015

Un road movie malaussénien des plus réjouissants ! Certes, le style est parfois familier, mais comment pourrait-il en être autrement pour des pensées bien souvent adolescentes ? Les personnages sont merveilleusement politiquement incorrects. Matt, jeune père presque malgré lui, emmène son grand-père, Papy Gary, sur les traces de Pat Boone, l’idole passée, en un ultime voyage à travers les Etats-Unis. Au moment du départ, il découvre l’existence de sa fille, bébé. Le couple devient donc trio. Puis, tempête de neige oblige, le trio se transforme en troupe et les voilà affublés en sus, d’un ado en fugue et d’une cadre trentenaire légèrement paumée. Les liens se forgent : amitié, famille, maladie, amour, toutes les questions essentielles sont abordées dans ce petit bijou d’émotions. On rit, on pleure, on se sent bien. Bravo de la JPL. Avis : ♥. Plus de 13 ans.

Un été en théâtre de jeunesse 1 – Je vois des choses…

jevoisJe vois des choses que vous ne voyez pas, de Geneviève Brisac chez Actes Sud Papiers – Heyoka. 2008

C’est l’histoire d’une malédiction. A seize ans, Belle se pique avec un stylo et sombre dans un mal-être intense. Mais ce n’est pas un baiser qui la réveille. Non : c’est l’amour du théâtre, transmis par un comédien de passage avec sa troupe qui lui redonne goût au jeu et à la vie. Sur la trame de La Belle au bois dormant, Geneviève Brisac aborde avec délicatesse l’anorexie, la construction de la féminité chez les adolescentes, la conquête de la maternité et de l’affirmation de soi. Belle sera ici sauvée de sa volonté d’effacement par l’amour, puis d’une belle-mère abusive, par l’art, rédempteur. Cette pièce aux thématiques féminines est très prenante et la narration à plusieurs voix donne une grande fluidité à la lecture. Bravo!

Sélection annuelle La Joie par les Livres
Liste de références « Littérature pour les collégiens » 4ème

 

Impromptu parallèle

Ce mois-ci, deux romans coups de cœur au même style fluide et à l’intrigue haletante m’ont amenée à m’interroger sur la place à donner à ces histoires de jeunes publiées en littérature générale (éternelle question de la littérature passerelle) : à recommander à nos ados ou non ?

le jour oùLe jour où la guerre s’arrêta, de Pierre Bordage, Au diable vauvert, 2014.

Un jeune garçon, amnésique et plein d’empathie, surgit et parcourt le monde, de souffrances en violences. Face à ce constat, il propose alors une trêve à l’humanité et la neutralisation de toutes les armes, provocant une vague internationale d’incompréhension. Le jour où la guerre s’arrêta est un petit conte philosophique qui rappelle l‘Évangile du Serpent, version moderne de la vie du Christ. En résumé, l’Homme serait tellement empêtré dans ses conflits, qu’il serait incapable d’apprécier la paix ? Business, business oblige…

Le poison d’amour, d’Eric-Emmanuel Schmitt, chez Albin Michel, 2014.poison

Entre amitié à la vie à la mort, jalousies feutrées et manipulation, quatre adolescentes de 16 ans relatent dans leurs journaux intimes leurs questionnements et leurs rêves, en réponse aux modèles parentaux déliquescents. Mais voilà que l’amour s’en mêle et que l’amitié s’emmêle, dramatiquement.

 Tous les deux se lisent d’une traite et touchent finalement aux questionnements de l’adolescence mais avec une conclusion dramatique et, dans les deux cas, sacrificielle et désespérée, à mon sens. Où est l’espoir, 6 bips ! Enfin, étrange coïncidence que ces lectures croisées.

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