Ces jours qui disparaissent – Timothé Le Boucher

Ces jours qui disparaissent, Timothé Le Boucher, Glénat, « 1000 feuilles », 2017, 978-2-344-01332-8, 22.50 €

Lubin Maréchal, jeune artiste évaporé, perd peu à peu du terrain face à sa deuxième personnalité, efficace et arriviste. Les heures puis les jours de sommeil s’enchaînent et sont autant d’occasions pour ce moi indésirable de transformer irrémédiablement sa vie. Quand reprendra-t-il le dessus ?

Cette BD qui aborde une thématique rarissime est poignante et angoissante à souhait. Véritable thriller, elle vous happe et vous ne la lâchez plus. Juste génial !

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En passant

Passe-Passe

passepassePasse-Passe de Delphine Cuveele et Dawid aux Éditions de la Gouttière. 2014.

Un papillon blanc accompagne une grand-mère facétieuse et sa coquine petite-fille. Au fur et à mesure de leurs chaleureuses aventures quotidiennes, le papillon se pare des  couleurs de la mère-grand, tandis que celle-ci dépérit, jusqu’à mourir.  Heureusement, la petite-fille conserve le chatoyant papillon des souvenirs. Cet album sans texte présente ainsi une jolie histoire de complicité intergénérationnelle. Mais le thème abordé est celui de la mort, et sous des dehors lumineux et mignons, l’enfant n’est guère guidé dans la compréhension de l’histoire ou de l’idée qu’avait l’auteur. Or, la question est délicate, elle renvoie à des références propres, sous-jacentes, variant selon les individus , elle peut être douloureuse : elle nécessite donc un accompagnement pour ne pas laisser le jeune lecteur seul face à des questions potentiellement angoissantes.

Mon fils de 11 ans a détesté et a retenu l’idée d’un papillon tueur. Moi, étrangement, cela m’a renvoyée au clip Carmen de Stromae, avec une espèce de papillon vampire. Un album anxiogène, qui aurait peut-être mérité du texte.

Coup de cœur BnF/JPL à partir de 9 ans.

Avis : sujet sensible. ♠

Helen Keller en BD

keller Annie Sullivan et Helen Keller, de Joseph Lambert aux Éditions çà et là et Cambourakis, 2013 : 90 p.    10 ans et plus.

Cet album retrace en images la rencontre et les liens qui se créent entre Helen Keller et Annie Sullivan, à la fin du XIXe siècle en Alabama. Devenue aveugle et sourde à 19 mois suite à une maladie, Helen est coupée de son environnement et incapable de communiquer. Annie Sullivan, elle-même malvoyante, va parvenir peu à peu à pénétrer dans son monde, au prix d’un combat incessant. Elle lui enseignera la langue des signes et l’écriture.

Joseph Lambert a rendu de manière très ingénieuse l’isolement d’Helen Keller et sa progression dans la compréhension et l’interprétation de son environnement. En filigrane, se dessinent également la condition de la femme active et des enfants orphelins handicapés, ainsi que les suites de la guerre de Sécession aux USA dans les années 1890. En résulte une BD attachante et émouvante, assez complexe : le présent d’Helen et le passé d’Annie s’enchevêtrent avec des come-back qui coupent la narration. Les explications données en dernières pages sont donc appréciables mais la fin de l’album arrive beaucoup trop vite !

Avis : coup de cœur

Exil

Là où vont nos pères de Shaun Tan, Dargaud, 2007, réed. 2013

Une BD sans texte, un coffret de photos sépia retraçant une vie et l’exil, le déracinement, le grand départ vers un monde imaginé, imaginaire, inconnu, loin des siens…

Juste un bijou. Prix du meilleur album Angoulême 2008

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