Pourquoi nous sommes tous Charlie

De la part d’une crayonneuse du dimanche, génération Cabu :

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Pour comprendre ce que représente Charlie Hebdo : une vidéo de l’INA

Lien : https://www.facebook.com/video.php?v=845913898788364

De nombreuses réactions d’auteurs et illustrateurs jeunesse recensées à l’adresse suivante (NB : un super blog!): A l’ombre du grand arbre

 Enfin, une chanson de Tryo qui résume tout :

 [dernières consultations des sites et blogs le 12/01/2015]
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Vite lu (3/4) Arthur

arthurArthur, l’autre légende de Philip Reeve, chez Gallimard « Scripto ». 2008.

Un roman qui date un peu mais passionnant. Wynna, jeune esclave bretonne, est recueillie par Myrddin (alias Merlin). Elle va contribuer à la construction de la légende d’Arthur, à une époque où les chevaliers se révèlent en réalité des soldats, voire des soudards, et des pilleurs qui cherchent à s’enrichir. Philip Reeve revisite ainsi, à travers les yeux d’une petite fille, le mythe arthurien et le remet dans son contexte, très éloigné du récit qui nous est parvenu. Merlin serait finalement un publicitaire de premier ordre. Cela fonctionne très bien et on y croit.

Prix Carnegie Medal 2008.

Avis : ♥

Niveau collège

Helen Keller en BD

keller Annie Sullivan et Helen Keller, de Joseph Lambert aux Éditions çà et là et Cambourakis, 2013 : 90 p.    10 ans et plus.

Cet album retrace en images la rencontre et les liens qui se créent entre Helen Keller et Annie Sullivan, à la fin du XIXe siècle en Alabama. Devenue aveugle et sourde à 19 mois suite à une maladie, Helen est coupée de son environnement et incapable de communiquer. Annie Sullivan, elle-même malvoyante, va parvenir peu à peu à pénétrer dans son monde, au prix d’un combat incessant. Elle lui enseignera la langue des signes et l’écriture.

Joseph Lambert a rendu de manière très ingénieuse l’isolement d’Helen Keller et sa progression dans la compréhension et l’interprétation de son environnement. En filigrane, se dessinent également la condition de la femme active et des enfants orphelins handicapés, ainsi que les suites de la guerre de Sécession aux USA dans les années 1890. En résulte une BD attachante et émouvante, assez complexe : le présent d’Helen et le passé d’Annie s’enchevêtrent avec des come-back qui coupent la narration. Les explications données en dernières pages sont donc appréciables mais la fin de l’album arrive beaucoup trop vite !

Avis : coup de cœur

La Voleuse de livres : film versus livre

voleuse dvdLa Voleuse de livres. Film de Brian Percival. 2h11min. Sophie Nélisse. Fév. 2014. Sortie en DVD juin 2014.

« L’histoire de Liesel, une jeune fille envoyée dans sa famille d’adoption allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle apprend à lire avec le soutien de sa nouvelle famille, et de Max, un réfugié Juif qu’ils cachent sous leurs escaliers. Pour Liesel et Max, le pouvoir des mots ainsi que leur propre imagination vont devenir leur seule échappatoire face à la guerre. »[1]

En résumé, de jolis décors et de gentils interprètes… bref, le souffle et l’originalité du roman de Markus Zusak sont réduits (soyons gentils aussi, ne disons pas en miettes) à une gentille histoire, un peu triste et scolaire, détaillant la vie difficile d’une petite allemande, de parents communistes, recueillie dans une nouvelle famille pendant la Deuxième Guerre Mondiale.

Les nombreuses coupes dans le roman ont certainement conduit à cet affadissement bien-pensant. Ici, Liesel ne rejoint plus avec Trudy une troupe de chapardeurs « crève-la-dalle », les liens de voisinage disparaissent, ses relations avec la femme du maire ou avec Max sont simplifiées, les cauchemars traumatisants sur la mort de son petit frère sont occultés. Tout ce qui faisait la consistance des personnages, entre ombre et lumière, entre bien et mal, est amoindri, pour tendre vers un public rajeuni. Une déception donc.

voleuseA contrario, le roman, destiné aux adultes et ado, est remarquable par sa construction originale, son thème (le point de vue de la Mort et les difficultés des Allemands face au nazisme, la condition des jeunes allemands pendant la Deuxième Guerre Mondiale, l’amitié au-delà de tout, la révolte, l’acceptation) et sa densité.

La Voleuse de livres, Markus Zusak en Pocket. 2008.

Avis livre : ♥

[1] http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=204237.html [consulté le 15/05/2014]

Coup de coeur : témoignages

certainesCertaines n’avaient jamais vu la mer de Julie OTSUKA, Paris, Phebus, 2012, 143 p

Ce roman (?) est une ode témoignant de la vie de Japonaises, exilées au début du XXème siècle aux Etats-Unis pour se marier à des inconnus aux courriers et photos enjôleurs. Tous leurs espoirs sont déçus et l’existence de rêve se révèle pour la plupart labeur et esclavage. Malgré les différences culturelles choquantes, elles s’adaptent mais cette vie péniblement construite est anéantie lorsque survient la Deuxième Guerre Mondiale. Suspectées d’aider l’ennemi, elles sont déportées avec leurs familles et tombent dans l’oubli.

Peu de témoignages subsistent de cette épopée. Julie Otsuka parvient à reconstruire le cheminement de ce groupe de femmes courageuses, en recourant à une énumération englobante et rythmée rappelant un chœur antique. Le livre, comme un souffle évanescent, se lit d’une traite.

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