Oiseau Oiselle – Gwendoline Raisson

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Oiseau Oiselle de Gwendoline Raisson, Ecole des Loisirs, « Mouche », 2018,  978-2-211-23434-4, 6,50 €

L’Oiseau vit heureux dans sa cage, jusqu’à l’arrivée d’Oiselle. Elle est belle et libre. L’Oiselle lui ouvre le chemin de la liberté, mais la cage est si confortable et le voyage si angoissant… L’amour l’affranchira-t-il ? Véritable réussite par son style et sa fluidité, ce joli roman est presqu’un conte philosophique, renvoyant au mythe de la caverne. Il amène le jeune (et moins jeune) lecteur à s’interroger sur la force de l’amour et sur le poids des chaînes face aux incertitudes qu’offre la liberté. Une belle histoire et des questions sur le sens à donner à sa vie = un coup de coeur ! A partir de 7 ans.

Avis : .

 

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De longues nuits d’été, Aharon Appelfeld

De longues nuits d’été, Aharon Appelfeld, Ecole des Loisirs, 2017, 978-2-211-23047-6, 15 €

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, Michaël, jeune juif de 11 ans, est confié à Sergueï, le vieux soldat aveugle. Devenu Janek, il l’accompagne dans ses pérégrinations et suit sa formation : se rapprocher de Dieu, devenir fort pour lutter contre ses ennemis, être humble et droit, s’accepter et résister. Tout au long de leur vagabondage, Sergueï dispense des leçons de vie, guidant Janek vers l’autonomie.

Véritable témoignage sur l’âme juive (yiddish?) et empreint de religiosité, ce récit initiatique apaise par son rythme lent, lent comme le pas de la marche, lent comme le vagabondage, si dépaysant à notre époque hyperconnectée. Merci à Valérie Zenatti pour sa traduction soignée. Cependant, la religiosité et le caractère répétitif des conseils donnés m’ont laissée perplexe quant-à l’âge du lectorat visé. En effet, se dégage finalement une histoire au caractère suranné, rappelant les bons livres de chez Mame du début du XXème siècle. Autant Adam et Thomas était vu à hauteur d’enfant et portait un regard original sur la guerre, très intéressant, autant De longues nuits d’été semble en décalage avec le jeune lecteur actuel. Parole d’un lecteur de 14 ans : « C’est lent, il n’y a pas d’histoire, c’est juste un vagabondage ».

Je ne saurai donc dire quel sera son avenir hors prescription. Je l’ai néanmoins acquis pour la bibliothèque, en roman jeunesse, pour le témoignage décalé qu’il offre sur la Guerre Mondiale, dans le cadre des programmes au collège. Et il est… emprunté !  ♥

A partir de 12 ans. Avis : ♥

 

La nuit de feu

nuit de feuLa nuit de feu d’Eric-Emmanuel Schmitt. Albin Michel. 2015

Avec son style simple et clair, Eric-Emmanuelle Schmitt revient sur l’expérience mystique qui l’a transformé en « agnostique croyant », à 28 ans. Oh combien l’interrogation et le témoignage de cet ancien agrégé de philosophie, sur la foi, sont réconfortants et incitent à la tolérance ! En épilogue, il détaille la distinction entre savoir et foi, incomparables, en s’appuyant notamment sur les pensées de Pascal. Finalement, pour lui, tout être humain est agnostique (c’est-à-dire ne sait pas, ne peut pas « savoir » ou démontrer scientifiquement l’existence de Dieu), et croire n’est qu’un choix, relevant d’une expérience intime intransmissible. Un raisonnement très intéressant et profondément humaniste, d’actualité.

Impromptu parallèle

Ce mois-ci, deux romans coups de cœur au même style fluide et à l’intrigue haletante m’ont amenée à m’interroger sur la place à donner à ces histoires de jeunes publiées en littérature générale (éternelle question de la littérature passerelle) : à recommander à nos ados ou non ?

le jour oùLe jour où la guerre s’arrêta, de Pierre Bordage, Au diable vauvert, 2014.

Un jeune garçon, amnésique et plein d’empathie, surgit et parcourt le monde, de souffrances en violences. Face à ce constat, il propose alors une trêve à l’humanité et la neutralisation de toutes les armes, provocant une vague internationale d’incompréhension. Le jour où la guerre s’arrêta est un petit conte philosophique qui rappelle l‘Évangile du Serpent, version moderne de la vie du Christ. En résumé, l’Homme serait tellement empêtré dans ses conflits, qu’il serait incapable d’apprécier la paix ? Business, business oblige…

Le poison d’amour, d’Eric-Emmanuel Schmitt, chez Albin Michel, 2014.poison

Entre amitié à la vie à la mort, jalousies feutrées et manipulation, quatre adolescentes de 16 ans relatent dans leurs journaux intimes leurs questionnements et leurs rêves, en réponse aux modèles parentaux déliquescents. Mais voilà que l’amour s’en mêle et que l’amitié s’emmêle, dramatiquement.

 Tous les deux se lisent d’une traite et touchent finalement aux questionnements de l’adolescence mais avec une conclusion dramatique et, dans les deux cas, sacrificielle et désespérée, à mon sens. Où est l’espoir, 6 bips ! Enfin, étrange coïncidence que ces lectures croisées.

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