Les enfants de Poséïdon – Alastair Reynolds

201702poséidon1Les enfants de Poséïdon. T.1. La terre bleue de nos souvenirs, Alastair Reynolds. Bragelonne, « Milady ». 2015. [poche en 2016. 978-2-8112-1775-4. 9,90 €]

Pour André-François Ruaud & Raphaël Colson dans Science-Fiction, les frontières de la modernité (Essais Mnémos. 2014. p. 20). « La science-fiction apparaît même comme la composante la plus structurée et la plus représentative du champ de réflexion déployé par l’imaginaire moderne pour débattre de l’homme et de la civilisation. Ainsi, en ce début de XXIe siècle, les thématiques de la culture science-fictive rendent compte, plus que jamais, des transformations techno-sociétales qui sculptent le futur de nos sociétés […] son rôle consiste à préparer, voire à conditionner, l’imaginaire collectif au monde de demain. »

Les enfants de Poséïdon du britannique Alastair Reynolds est un roman qui correspond parfaitement à cette définition. Enfin, un vrai roman de science-fiction, pure et dure, sans évolution zombiesque ou petits hommes verts. Juste de la SF dense et foisonnante de technologies crédibles, qui aborde de nombreux sujets touchant à la philosophie et à la sociologie : dérives de l’intelligence artificielle, intelligence animale, les limites de la liberté illimitée, société libertaire ou liberticide, transhumanisme, écologie, implications sur l’homme du voyage spatial (lire « Vivre dans l’espace pas si simple… » dans le dernier Science&vie. Mai 2017). Avec comme point de départ de cette néo-révolution l’Afrique ! Un roman génial donc pour son caractère fouillé et synthétique sur les études actuelles en sciences dures et sciences humaines. L’avenir nous dira s’il s’agissait d’anticipation !

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L’école est finie

201603ecolefinieL’école est finie, Yves Grevet, « Mini Syros ». 2012

Imaginons un monde où l’école de serait plus gratuite, ni obligatoire. Les riches continueraient d’en bénéficier en payant ; les pauvres confieraient l’enseignement aux entreprises, magasins et Mac-Do, qui formeraient les enfants dès leur plus jeune âge, en fonction des besoins commerciaux. Savoir ranger dans les rayons, lire les prospectus, faire cuire les steaks… C’est le monde dans lequel vivent Albert et Lilas, en 2028. Comment en est-on arrivé là ? Comment résister ?

Une intéressante dystopie sur l’école comme outil de lutte contre l’exploitation de l’homme. Et si l’école était finie ?

Avis JPL :  » peu crédible dans un avenir aussi proche ». Avis Ricochet : « une efficacité redoutable ».

A partir de 9 ans. ♥

 

 

Un éclat de givre

givreUn éclat de givre d’Estelle Faye. Les Moutons électriques. 2014

Rompant complètement avec l’univers de Porcelaine, Estelle Faye nous entraîne ici dans un roman post-apocalyptique psychadélique et déjanté. Au XXIIème siècle, dans un Paris qui est la dernière ville à survivre au milieu d’un désert aride, nous suivons les tribulations de Chet, jeune chanteur travesti, dans ses missions plus ou moins légales. Malgré un côté très trash et borderline, on s’attache à cet anti-héros atypique, si solitaire. Et étrangement, au-delà d’une histoire de science-fiction noire et écolo, le livre se révèle porter surtout sur l’isolement et la solitude. Touchant et un auteur à découvrir (une étoile montante de la science-fiction française [je sais, elle était facile!]).

La bulle : fin de la Cité

bulle  La Cité 5. La bulle, de Karim Ressouni-Demigneux, chez Rue du Monde. 2014.

La Bulle clôt avec brio la saga La Cité, avec l’histoire du dernier protagoniste, Arthur, enfant-bulle richissime pour qui La Cité constitue la seule possibilité d’évasion et de vie sociale. Dans ce dernier opus, tout prend enfin sens.

Et, de nouveau, Karim Ressouni-Demigneux nous amène à nous interroger sur les finalités des jeux virtuels et d’Internet, du côté de l’ingénierie, de la création, de la psychologie et du marketing. On a envie de parler d’un bon roman de science-fiction, mais les références à Edward Snowden et à Nulle part où se cacher de Glenn Greenwald (JC Lattès, 2014) viennent rappeler que la science-fiction est devenue réalité. A mettre en parallèle avec l’article paru dans Science et vie n° 1661 de juin 2014 « Succès de Candy Crush Saga. Pourquoi ce jeu engendre-t-il une telle addiction? ». Bref, un passionnant roman.

Avis : ♥

SF – L’Opéra de Shaya

31laineL’Opéra de Shaya de Sylvie Lainé chez Actusf, 2014

Auteur de nombreuses nouvelles de SF (Définissez : priorités dans Escales 2001 chez Fleuve Noir), récompensée par trois Prix Rosny Aîné en 1986, 2003 et 2006, Sylvie Lainé nous livre ici, avec humour et poésie, une novella de space opera, trois nouvelles et un interview par Jean-Marc Ligny. Avec un coup de cœur pour L’Opéra de Shaya et Un amour de sable, qui, de manière innovante, amènent à s’interroger sur l’altérité absolue, extraterrestre, et sur les sentiments entre des consciences aux matérialités distinctes, le tout dans une ambiance intergalactique.

Ma P’tite Bibliothèque : n° 377. Avis : ♥

 

SF&fantasy – Les petits guides sympas

Voici 3 petits guides incontournables en matière de SF et Fantasy chez Les Trois Souhaits.De manière synthétique, ils présentent les auteurs actuels ainsi que des focus thématiques sur l’histoire des genres, leur évolution, les auteurs phares…

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Le Petit guide à trimbaler de la fantasy,

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Le Petit guide à trimbaler de l’Imaginaire Français

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Le Guide de survie en territoire ado.

 

 

Ma P’tite bibliothèque : actu SF

Les dernières acquisition SF de Ma P’tite bibliothèque :

autremonde6 Neverland de Maxime Chattam chez Albin Michel (Autre Monde tome 6). 2013.

N°bib :373. Avis non défini (prépa mémoire oblige !)

 

La trilogie de Gemma Malley chez Naïve : La déclaration, La résistance, La révélation. 2008-2011

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Assez rare pour être signalé : une trilogie qui se tient du début à la fin et sans appauvrissement.

Dans un monde où l’on peut choisir d’être immortel à condition de ne pas faire d’enfants, le sort et la rébellion d’enfants « surplus » Anna et Peter, jusqu’à l’affranchissement ? Quelle place pour des ado dans une société atteinte de jeunisme physique mais sclérosée par le vieillissement moral et intellectuel?

On retrouve ici l’ambiance du Meilleur des Mondes d’Huxley. Est également fortement présente une violence à l’égard  d’enfants considérés comme illégitimes, rebuts et promis à l’esclavage qui interroge sur la violence sociale . Un roman très fort thématiquement, avec des personnages très bien construits psychologiquement (syndrome de Stockholm, difficulté du déconditionnement…)

N°bib. : 368 à 370. Avis : génial. Avis JPL : A partir de 13 ans, bravo.

domino L’effet Domino d’Alex Scarrow en Livre de Poche. 2010.

Thriller d’anticipation, que se passerait-il si les principaux puits de pétrole de la planète partaient en fumée ? Plus de carburant, donc plus de transports, donc plus d’approvisionnement ni de médicaments, plus d’électricité, l’effondrement de la civilisation moderne, la loi du plus fort de retour… Une hypothèse apocalyptique, une approche survivaliste et, bien sûr, une réflexion écologique et sociale sur notre société moderne, très actuelle comme le montrent les vidéos qui circulent sur le net telle que « Sans lendemain » (https://www.youtube.com/watch?v=a0J2gj80EVI [consulté le 16/03/14].

N°bib : 371. Avis : très bien. Conseils : déprimés, s’abstenir !

Flashforward de Robert J. Sawyer chez Bragelonne, Milady. 2010. flashforward

Le thriller qui a inspiré la série télévisée (je préfère toujours aller à la source). Pendant quelques secondes, l’humanité a perdu connaissance et certains ont pu entrevoir leur avenir, dans 20 ans. Une enquête donc sur ce qui s’est passé et la manière dont les gens réorientent leur vie…

N. bib : 372. Avis : bien.

Manière(s) de lire…

Les Éveilleurs de Pauline Alphen

Pour Annie François, il n’existe pas une manière de lire mais des manières fluctuantes de lire. « Parce que face à la lecture non seulement 2bouquinerles citoyens ne sont pas égaux, les hommes et les femmes départagés, mais le même individu ne réagit pas toujours pareillement. Le livre peut être savoureux ou indigeste, le lecteur rassasié ou affamé. Son appétit est fonction de son tempérament, mais aussi des saisons, des circonstances, des lieux, de l’entourage, du calme, du bruit, du manque, de l’abondance, de l’amour, de la haine. Il suit les mouvements de l’humeur et du cœur, les fluctuations du moral et du physique. […] A chacun, chaque jour, son rythme. Et que nul ne s’en mêle ni ne juge.»[1] Les manières de lire, propres à chacun, dépendent donc de son environnement autant que du choix du livre et d’éléments extérieurs à la lecture proprement dite.

2pennacUne fois cette sélection sous influence réalisée, vient le moment de la lecture, souvent différée, délice suprême de la pile de « bons livres » en attente au pied du lit. Je m’empresse alors d’exercer mes droits imprescriptibles de lectrice[2], entre approche enfantine et immersive du livre et lecture ludique distanciée.

UNE SELECTION SOUS INFLUENCE

Le choix d’une lecture imaginaire immersive

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