Bella Figura

201603bellaBella Figura de Yasmina Reza, Flammarion. 2015

Une rencontre vaudevilesque dans un restaurant mondain : un mari ruiné, Boris, et sa maîtresse, Andrea, retrouvent accidentellement un couple ami des mariés affublé d’une belle-mère hypocondriaque. L’anniversaire de cette dernière tourne au vinaigre… Rien de nouveau sous le soleil, ça ne vaut pas du Labiche, le propos est poussif et l’humour plutôt pesant. Grand succès à Berlin cependant.

Avis : bof

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Un été en T.J. 2 – Marie des Grenouilles

marie2Marie des Grenouilles, de Jean-Claude Grumberg chez Actes Sud Heyoka. 2003marie1

« Il n’y a pas de milieu, princesse, il n’y a pas de milieu : la guerre ou la diplomatie, la force brutale ou la matière grise… »marie3

A la mort de son père le roi, Marie des Grenouilles, la bâtarde, la cendrillon des douves doit sauver le royaume attaqué en retransformant une grenouille en prince charmant. Mais le monde des batraciens est aussi violent et sombre que celui des humains. Après un essai malheureux, elle trouve enfin le prince Brillant. Plus intellectuel que chevalier sanguinaire, il conquiert la paix. Les répliques s’enchaînent à un rythme haletant et font mouche (c’est le moins pour une pièce de grenouilles). Sur un ton léger et décalé, avec humour, des thèmes profonds sont abordés : la différence et le racisme, le prix de la paix et les idéaux chevaleresques bien souvent guerriers. Une pièce qui se lit d’une traite et vraiment intéressante, qui amène à réfléchir. A partir de 10 ans.

Liste de références « Littérature pour les collégiens » 6ème

Un été en théâtre de jeunesse 1 – Je vois des choses…

jevoisJe vois des choses que vous ne voyez pas, de Geneviève Brisac chez Actes Sud Papiers – Heyoka. 2008

C’est l’histoire d’une malédiction. A seize ans, Belle se pique avec un stylo et sombre dans un mal-être intense. Mais ce n’est pas un baiser qui la réveille. Non : c’est l’amour du théâtre, transmis par un comédien de passage avec sa troupe qui lui redonne goût au jeu et à la vie. Sur la trame de La Belle au bois dormant, Geneviève Brisac aborde avec délicatesse l’anorexie, la construction de la féminité chez les adolescentes, la conquête de la maternité et de l’affirmation de soi. Belle sera ici sauvée de sa volonté d’effacement par l’amour, puis d’une belle-mère abusive, par l’art, rédempteur. Cette pièce aux thématiques féminines est très prenante et la narration à plusieurs voix donne une grande fluidité à la lecture. Bravo!

Sélection annuelle La Joie par les Livres
Liste de références « Littérature pour les collégiens » 4ème

 

A lire, à voir : La trahison d’Einstein

30trahisonLa trahison d’Einstein d’Eric-Emmanuel Schmitt, Albin Michel, 2014

Jolie pièce de théâtre, dans le style si fluide d’Eric-Emmanuel Schmitt ; les deux personnages principaux, Einstein et le vagabond sont très convaincants, les répliques fusent et font mouche, alliant humour et réflexion sur l’engagement politique et scientifique, sur le pragmatisme nécessaire pour lutter pour ses idéaux, contre le fascisme. Face au nazisme et à la course à la bombe A, Einstein doit-il laisser son pacifisme sur « l’étagère à principes » ?

Création en cours au Théâtre Rive Gauche avec Francis Huster et Jean-Claude Dreyfus, excellents par leur interprétation juste et sobre, dans un décor filmé dynamique.

Bande annonce

Théâtre de jeunesse 3/3

Étude diachronique (suite et fin) – Pistes de réflexion

Une évolution du théâtre d’éducation

Si les trois pièces s’apparentent au théâtre d’éducation, elles présentent des différences relatives à la place donnée aux personnages enfantins et à la manière de délivrer le message moral.

Théâtre d’éducation – Selon Marie-Emmanuel Plagnol[1],  « appartiendrait au théâtre d’éducation toute pièce qui prend comme personnage central un individu jeune ou insuffisamment formé pour pouvoir être l’objet d’une épreuve de type éducatif au sens large du terme, dont le dénouement coïncide avec l’heureux bénéfice qu’il en retire, c’est-à-dire un gain moral. »

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Théâtre de jeunesse 2/3

Étude diachronique (suite) – Bibliographie commentée

  • Les ouvrages généraux en littérature pour la jeunesse

 [1] NIERES-CHEVREL Isabelle, Introduction à la littérature de jeunesse, Paris, Didier Jeunesse, Coll. « Passeurs d’histoires », 2010, 251p, pp. 100-101.

intro Isabelle NIERES-CHEVREL aborde succinctement la question du théâtre de jeunesse  et la place de l’enfant en tant que lecteur, spectateur et acteur. Elle prend pour exemple Le Théâtre à l’usage des jeunes personnes de Madame de Genlis inspiré du théâtre de société destiné à être joué et lu par les enfants ainsi que le théâtre d’Arnaud Berquin. Ce dernier soulignait inclure dans son Ami des enfants (1782-1783) « un petit Drame, dont les principaux personnages seront des Enfants, afin de pouvoir leur faire acquérir de bonne heure une contenance assurée, des grâces dans leurs gestes et dans leur maintien, et une manière aisée de s’énoncer en Public. La représentation de ces Drames sera de plus une fête domestique qui servira à leur amusement. » Des traces de ce théâtre subsiste dans l’œuvre de la Comtesse de Ségur au XIX siècle dans son recueil Comédies et proverbes (1865). Le théâtre pour la jeunesse au XVIIIe concilie amusement et éducation.

 [2] PRINCE Nathalie, La Littérature de jeunesse, Pour une théorie littéraire, Paris, Armand Colin, 2010, 240p.

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Théâtre de jeunesse 1/3

Étude diachronique du registre de l’humour et du statut des demoiselles dans le théâtre de jeunesse du XVIIe au XIXe siècle – Choix d’un corpus

Depuis l’entre-deux-guerres un théâtre d’art s’est développé en direction de la jeunesse et depuis les années 1990, l’édition en est foisonnante. « Cette revendication d’un théâtre d’art, joué par des comédiens adultes pour des publics spécifiques d’enfants, n’apparaît clairement qu’au XXe siècle. »[1]

 Mais qu’en est-il alors des jeux dramatiques de Madame de Maintenon ou de Madame de Genlis, de Berquin et de Macé, de la Comtesse de Ségur ? Hors des collèges jésuites, un théâtre destiné à un jeune public existait avant le XXème siècle, dont les auteurs étaient reconnus pour leur qualité littéraire : mais s’agissait-il d’un théâtre pour la jeunesse et quelle place occupait l’enfant dans ces écrits : acteur et/ou spectateur ? Etait-ce finalement un théâtre dédié aux jeunes, à vocation éducative ? Plus

Drôlissime

L’œuf et la poule de Catherine Verlaguet. Heyoka Jeunesse, Actes Sud-Papiers. 2011.

« Quand ma fille était dans mon ventre, je me disais que si j’avais à lui expliquer comment elle était arrivée là, je serais bien embêtée. Alors je m’y suis collée. » Voici parfaitement résumé le thème de cette pièce.

Des explications confuses sur la grossesse de Maman débouchent sur des quiproquos très drôles. Les enfants sont-ils réellement dupes de notre embarras ?

Parce que le théâtre pour la jeunesse interroge sur les grandes questions humaines mais qu’il se lit aussi pour se détendre et pour rire.

Coup de cœur et éclats de rire garantis.

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