De longues nuits d’été, Aharon Appelfeld

De longues nuits d’été, Aharon Appelfeld, Ecole des Loisirs, 2017, 978-2-211-23047-6, 15 €

Pendant la Deuxième Guerre Mondiale, Michaël, jeune juif de 11 ans, est confié à Sergueï, le vieux soldat aveugle. Devenu Janek, il l’accompagne dans ses pérégrinations et suit sa formation : se rapprocher de Dieu, devenir fort pour lutter contre ses ennemis, être humble et droit, s’accepter et résister. Tout au long de leur vagabondage, Sergueï dispense des leçons de vie, guidant Janek vers l’autonomie.

Véritable témoignage sur l’âme juive (yiddish?) et empreint de religiosité, ce récit initiatique apaise par son rythme lent, lent comme le pas de la marche, lent comme le vagabondage, si dépaysant à notre époque hyperconnectée. Merci à Valérie Zenatti pour sa traduction soignée. Cependant, la religiosité et le caractère répétitif des conseils donnés m’ont laissée perplexe quant-à l’âge du lectorat visé. En effet, se dégage finalement une histoire au caractère suranné, rappelant les bons livres de chez Mame du début du XXème siècle. Autant Adam et Thomas était vu à hauteur d’enfant et portait un regard original sur la guerre, très intéressant, autant De longues nuits d’été semble en décalage avec le jeune lecteur actuel. Parole d’un lecteur de 14 ans : « C’est lent, il n’y a pas d’histoire, c’est juste un vagabondage ».

Je ne saurai donc dire quel sera son avenir hors prescription. Je l’ai néanmoins acquis pour la bibliothèque, en roman jeunesse, pour le témoignage décalé qu’il offre sur la Guerre Mondiale, dans le cadre des programmes au collège. Et il est… emprunté !  ♥

A partir de 12 ans. Avis : ♥

 

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Quelqu’un qu’on aime

quelqunQuelqu’un qu’on aime de Séverine Vidal. « Exprim' ». Sarbacane. 2015

Un road movie malaussénien des plus réjouissants ! Certes, le style est parfois familier, mais comment pourrait-il en être autrement pour des pensées bien souvent adolescentes ? Les personnages sont merveilleusement politiquement incorrects. Matt, jeune père presque malgré lui, emmène son grand-père, Papy Gary, sur les traces de Pat Boone, l’idole passée, en un ultime voyage à travers les Etats-Unis. Au moment du départ, il découvre l’existence de sa fille, bébé. Le couple devient donc trio. Puis, tempête de neige oblige, le trio se transforme en troupe et les voilà affublés en sus, d’un ado en fugue et d’une cadre trentenaire légèrement paumée. Les liens se forgent : amitié, famille, maladie, amour, toutes les questions essentielles sont abordées dans ce petit bijou d’émotions. On rit, on pleure, on se sent bien. Bravo de la JPL. Avis : ♥. Plus de 13 ans.

Vite lu (4/4) Tant que nous sommes vivants

tantqueTant que nous sommes vivants d’Anne-Laure Bondoux chez Gallimard. 2014.le temps des miracles

Le genre de livres qu’on ne peut plus lâcher ! On retrouve ici l’ambiance floue et sombre très particulière déjà présente dans Le Temps des miracles. Dans un État plus ou moins totalitaire, lointainement en guerre, face à une machinerie sociale qui broie les individus et les rêves,  nous suivons Bo et Hama puis Tsell et Vigg, dans leurs errances qui constituent un magnifique voyage initiatique, au-delà de l’absence. La noirceur diffuse des cités ouvrières et des machines est illuminée par la présence des personnages. Finalement, les êtres humains sont les principales lumières du récit. Une œuvre très atypique, humaniste et indescriptible, qui nous happe.

Avis :♥♥♥

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